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L'OM en a-t-il les moyens ?
Viendra, viendra pas ? Quasiment ficelé la semaine passée, le transfert d'Alou Diarra à Marseille semble aujourd'hui en passe de capoter. Pour le président Jean-Louis Triaud, il ne fait désormais aucun doute que l'international français restera Girondin la saison prochaine. Son homologue phocéen Jean-Claude Dassier, lui, est moins catégorique, même si l'OM ne semble pas en mesure de répondre aux exigences financières des Bordelais. "Aujourd'hui, Alou m'a dit et confirmé qu'il n'irait pas à Marseille et qu'il resterait à Bordeaux." A en croire Jean-Louis Triaud, vendredi soir, en marge de la présentation du nouveau défenseur bordelais Vajudan Savic, le doute n'était plus permis. L'un des feuilletons les plus suivis du mercato estival hexagonal devait se clore sur ces déclarations: "À l'heure où je vous parle, c'est confirmé qu'Alou n'ira pas à Marseille, il restera à Bordeaux sauf à ce que demain, le club étranger de son coeur ou de ses rêves ne se manifeste."

Seulement voilà, le président phocéen Jean-Claude Dassier n'a naturellement pas manqué de réagir à cette dernière sortie en date de son homologue girondin. "Les déclarations de Jean-Louis Triaud sont respectables, concède-t-il dans L'Equipe de ce samedi, avant de s'atteler à les nuancer: Il n'a pas envie de perdre ses deux meilleurs joueurs. [...] Mais on s'est parlé avant-hier et tout s'est très bien passé. Il n'y a aucun problème entre nous. Tout cela va se jouer dans les prochaines heures et il n'y a que le joueur qui puisse décider. Il a une proposition de l'OM, c'est à lui de voir. Son choix de venir était quasiment fait mais ce n'est pas un dossier facile financièrement."

Il y a encore quelques jours, effectivement, l'affaire semblait entendue, alors qu'Alou Diarra n'avait plus qu'à obtenir le feu vert de ses dirigeants pour parapher un contrat de quatre années avec à la clef quelques 250 000 euros mensuels. Pour finaliser cette deuxième acquisition après le recrutement du latéral droit espagnol César Azpilicueta, l'OM de son côté devait simplement se délester de 7,75 millions d'euros – soit le montant de la clause libératoire du joueur de 29 ans, sous contrat avec les Girondins jusqu'en 2013. Une bagatelle pour le champion de France. Et pourtant...

Des primes lourdes à assumer

Pourtant Marseille n'a pas forcément les moyens de ses ambitions à l'heure qu'il est. Il y a peu, dans un entretien accordé à La Provence, José Anigo, le directeur sportif du club provençal, l'avouait à demi-mots: "Si ce n'est pas fait aujourd'hui, c'est parce qu'il y a des paramètres économiques qui rentrent en ligne de compte. Tout cela fait partie des négociations que nous devons avoir avec Bordeaux et ce n'est jamais simple ni rapide."

L'OM a beau avoir touché le gros lot en mai dernier, lors de la répartition des droits TV pour la saison 2009-2010 (environ 51 millions d'euros, soit 10% de la somme totale allouée par la LFP aux formations de L1), le club séculaire ne peut se permettre pour autant de dilapider ses gains. "Être champion implique un aspect financier important, aussi bien en terme de primes, de bonus comme pour Lucho... On n'attrape pas les mouches avec du vinaigre, explique José Anigo. Il faut comprendre que finir premier signifie sortir beaucoup d'argent. Cela fait partie du jeu."

Histoire de galvaniser ses troupes en début d'exercice, le président Dassier avait promis à chacun des joueurs une prime de 8600 euros par victoire en cas de sacre. Une aubaine pour les cadres que sont Souleymane Diawara ou Steve Mandanda, ainsi gratifiés, à force de bonus, de 318 200 et 309 600 euros supplémentaires respectivement. Mais un vrai retour de bâton pour les finances tout juste équilibrées du club.

Une masse salariale à réduire

Doté l'an dernier d'un budget de 105 millions d'euros pour une masse salariale pesant pas moins de 65 millions, l'OM a de surcroit été prié par sa propriétaire Margarita Louis-Dreyfus de revoir cette charge à la baisse, à hauteur de 10%, sous peine de ne pas recevoir l'enveloppe escomptée pour débaucher cet été l'attaquant d'envergure tant recherché. Des engagements et impératifs qui paraissent justifier l'actuelle frilosité des Phocéens sur le marché des transferts.

Seule solution dès lors pour Marseille, la revente de quelques-uns de ses champions de France. Bakari Koné et Fernando Morientes ont sensiblement allégé la masse salariale en faisant place nette (375 000 euros par mois à eux deux tout de même), mais l'effort reste insuffisant. Officiellement, l'OM est donc vendeur en cette intersaison, même si la réalité du marché ne fait pas ses affaires et que le coeur n'y est pas. Didier Deschamps refuse ainsi de se séparer de ses éléments les plus convoités, les Taye Taïwo, Charles Kaboré, Edouard Cissé ou André Ayew... tout en affirmant compter sur des joueurs comme Mamadou Niang, Brandao ou Hatem Ben Arfa. Or ce n'est certainement pas Mamadou Samassa qui générera les 7,75 millions d'euros cash qu'attend aujourd'hui le président Triaud pour Alou Diarra...
 
 
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